Noir Sanctuaire

Publié le par Bookinnsofa

Auteur : Preston & Child

Editeur : l'Archipel

Broché : 440 pages

Publication : Mai 2017

Prix : 24 €

En quelques mots ...

Pendergast a disparu et tout indique que Constance s'est fait enlever. Proctor se lance à leur poursuite.

Mon point de vue ...

🌸

Post it :

- Seconde fois que je lis Preston and Child. J'avais beaucoup apprécié Fièvre mutante.

- Noir sanctuaire est le 16è ouvrage mettant en scène Pendergast et fait suite à Mortel Sabbat.

- Lire la saga dans l'ordre chronologique ou non, les avis divergent. Toutefois, il semble que les auteurs reviennent brièvement sur certains évènements. Certains s'en contentent largement sans se sentir perdus pour autant tandis que pour d'autres, cela donne au contraire l'envie de tout reprendre depuis le début. Je faisais partie du second portrait, charmée par la première page avant de déchanter.

- J'ai été incapable de continuer ma lecture tant j'étais déçue. Je ne peux donc pas vous parler du fond mais de la forme oui (pour ce que j'ai lu en tout cas).

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La première page m'a énormément enchantée. J'aimais déjà Constance, j'avais hâte de rencontrer Proctor et de savoir ce qu'il en était de Pendergast. Alors j'ai foncé tête baissée certaine d'apprécier ma lecture. D'ailleurs, j'avais même déniché deux autres livres de la saga pour tout reprendre. C'est pour dire...

Tout  me plaisait dans cette première page pleine de promesses. Le style, l'atmosphère, le contenu... Tout ! La douche froide fut d'autant plus inattendue et ma déception imperturbable.

: La présentation de l'éditeur en dit déjà beaucoup trop et est bien moins alléchante que les commentaires de la 4è de couverture. Mais ce n'est pas le plus important.

Le style est haché. Je regrette le manque de fluidité et d'éléments intermédiaires dans l'enchaînement des évènements. Tout semble aller trop vite. Untel est à un point A et hop, un coup de volant et il est rendu à l'autre coin du monde. Et rien entre. Je caricature un peu mais c'est vraiment le sentiment que j'ai eu.

J'ai parfois eu la sensation que l'écriture manquait de maturité et de crédibilité. Certaines choses arrivent comme par magie, au bon moment, juste pour servir l'intrigue. C'est tellement flagrant que cela en devenait embarrassant. Untel rentre le code hautement confidentiel obtenu on ne sait comment. Un autre, parce qu'il était bon sportif autrefois parvient à filer une voiture rien qu'en courant... Franchement ! Oui d'accord, j'ai déjà lu une telle scène mais il y avait les détails nécessaires pour la rendre crédible.

Lorsque j'ai vu les premières "coquilles", je ne me suis pas formalisée car cela arrive à tout le monde.  Puis, motivée par le souvenir de la première page, j'ai tenté de poursuivre, en vain.

Voici quelques exemples en vrac pour argumenter mes propos:

"Avant de sauter derrière le volant, l'agresseur de Constance s'était retourné (1) le temps d'un éclair. Ces traits fins et marqués, ces yeux de deux couleurs, cette barbe courte, ces cheveux d'un brun tirant sur le roux, ce regard d'une (2)  cruauté froide ."

(1) Quelle extraordinaire vision ! On signale en amont de ce passage qu'il a à peine le temps d'apercevoir la victime car la voiture s'engage à vive allure dans une rue,  mais qu'en plus il parvient à détailler ainsi l'agresseur et ce n'est pas fini. Cinq lignes plus tard, on apprend qu'il a aussi eu le temps de lire une expression féroce et triomphale sur son visage. J'aurais bien voulu croire à cela si par exemple on m'avait dit que leurs regards s'étaient accrochés un court instant ect...

(2) Pour moi, il y a de la surenchère. Je ne vois pas en quoi "froide" apporte du poids au mot cruauté. Même si cette expression s'utilise, je la trouve vraiment inappropriée ici. Cette manie de vouloir trop en faire a fini par me lasser.

"Il s'arrêta sur le seuil, s'appuya contre le chambranle, et s'avança de la démarche mal assurée d'un homme ivre". Il n'y a que moi que cela choque le "de la démarche" ? "Avec la démarche", non ?

Sur la même page ! " Proctor rebroussa chemin et reprit le chemin de la vieille demeure..." // " Le mieux était encore d'appeler à la police ". Et nous sommes que page 19.

" Au coin de la rue, un autre agent qui avait longuement réalisé un créneau, descendit de voiture...". Là encore, "longuement réalisé un créneau". C'est lourd et disons-le, vraiment laid à lire et n'apporte pas grand chose. Et j'en passe.

J'ai également lu qu'on comparait Pendergast à Sherlock Holmes mais j'ai du mal à le croire, d'autant plus que je me méfie toujours de ces comparaisons souvent excessives dont le seul but est de tirer profit de la popularité d'un personnage pour faire du chiffre. Ce que Sherlock pense ou fait est explicitement signalé dans un souci du détail parfait. Même si certaines déductions peuvent parfois sembler ambitieuses, elles ont le mérite d'être introduites par un enchaînement cohérent et crédible.

Il est vrai que tous les passages ne se ressemblent pas. Certains sont vraiment mieux écrits que d'autres. Mais cela n'a pas suffit.

Je vais quand même essayer de lire, La chambre des curiosités, l'un des deux livres achetés dont je parlais plus haut.

Publié dans Policier

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Amandine Aufildesplumes 14/08/2017 11:46

Dommage, moi j'avais bien aimé...